Objet utilitaire par vocation, le parapluie est considéré par certains comme un véritable accessoire de mode. Mais il faudra encore beaucoup de patience pour en faire l’égal du bijou, de la chaussure ou du sac.


Un accessoire avant tout indispensable par temps de pluie

Comme leur nom l’indique, les accessoires de mode font partie –et ô combien !- de la grande famille de la mode ! Mais à quels accessoires pense-t-on ? Sûrement à la chaussure, au sac féminin, au bijou, au foulard, au chapeau, au gant…Et le parapluie ? Sans doute ne s’impose-t-il pas illico à l’esprit. Il est vrai que cet objet très utilitaires renvoie 1/à la pluie 2/à sa fragilité 3/à sa dangerosité pour les autres si l’on est distrait 4/à la faculté que des gens ont de le perdre. Ainsi que le rappelle sobrement Valérie Dulait (Neyrat Autun), « le parapluie reste avant tout un objet utile de grande consommation servant à s’abriter de la pluie ». Bref, i véhicule une image plutôt négative.

Personne ne songerait à contester que l’usage du parapluie est dépendant de la météo : on le prend s’il pleut ou si la pluie menace, pas si le soleil brille. Même s’il est le plus beau, le plus chic ou le plus onéreux des pépins ! On fera observer qu’il en va de même du gant (qui protège du froid), du chapeau (qui protège de la pluie ou du soleil), seuls les chaussures, le sac et les bijoux s’affranchissant du climat. Cependant une dame ou un monsieur chic peuvent se ganter les mains, se couvrir le chef et chausser des lunettes de soleil sans nécessité. Par simple souci d’élégance. Alors le parapluie, une exception ? Un simple truc pratique mais encombrant qui se déglingue au premier coup de vent ? Le parapluie ou l’anti-accessoire de mode ?

Un objet utile qui sait être très séduisant

< Evidemment, le quidam adhéra aux horreurs ci-dessus. Et pourtant, le parapluie sait concilier tant de qualités quand il est mis entre de bonnes mains dès sa conception ! C’est un objet doué d’une belle forme, doté d’une mécanique ingénieuse, qui peut être long et volumineux pour parader sur les greens comme il sait être bref pour se muer en parapluie de poche. L’objet est donc intelligent puisque capable de s’adapter aux situations les plus diverses. Et il yen a désormais pour tous les goûts, des plus classiques aux plus fantasques, en noir et blanc ou en couleur, décorés de motifs géométriques, reproduisant photos ou tableaux, à la forme plus ou moins courbée, un brin tristounets ou franchement drôles, furieusement féminins ou simplement masculins !Le statut du parapluie peut dépendre du contexte local. Outre-manche un Anglais sans son parapluie est une incongruité ; le Japonais le considère comme un accessoire de mode à part entière.

Un petit plus pour vous distinguer

Jean Piganiol le considère comme un accessoire de mode à part entière. Jean Piganiol constate qu’au pays du Soleil Levant « les chaussures sont cirées et le parapluie pas cassé »… et Dominique Vaux, qui aime les chiffres, précise se consomme au Japon un parapluie/ombrelle par habitant et par an, à comparer aux 15 millions écoulées chez nous ! En France, pays de cocagne s’il en fût, où il pleut peu (sauf en juillet), les avis sont partagés parmi les professionnels. Certains se désolent de voir leurs efforts contrecarrés autant par le classicisme quasi pathologique des Français que par le barrage d’une distribution toujours prête à en découdre avec la fantaisie et la créativité. On voit parfois de beaux parapluies dans les magazines, assez peu dans la rue et rarement chez les maroquiniers. Alors que, ces pages le montrent bien, le parapluie peut faire assaut de créativité et manifester toute sa séduction.

La touche finale au bon goût

Chez Guy de Jean on produit peu de parapluies utilitaires et beaucoup de parapluies accessoires de mode. Ce n’est pas pour rien que l’entreprise travaille avec Jean-Paul Gaultier, Chantal Thomas et Ladurée ! Ladite entreprise se porte bien, ce qui est une bonne nouvelle  quand on se voue à la création. Mais Catherine de Jean fait remarquer que sur les salons où elle expose, c’est la presse étrangère qui se montre la plus intéressée ; Et d’ajouter que « le côté utilitaire er négatif du parapluie est une appréciation typiquement française ». Patrice Castell (Knirps France) explique que « pour séduire et étonner le consommateur il faut créer du fun », histoire de transformer le négatif en positif. On laissera le mot de la fin à Valéry Dulait qui estime qu’ « il faudra sans doute encore du temps pour éduquer les gens et leur faire comprendre que porter un sac à 400 euros ou un costume à 300 euros avec un parapluie jetable est une réelle faute de goût ! ». Un beau parapluie est la touche finale au bon goût.

Laisser un commentaire